Haute mesopotamie

la haute Mésopotamie

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Le seul mot de Mésopotamie fait rêver. Une partie (la haute) de cette région historique et biblique se trouve en Turquie. Officiellement on l’appelle “l’Anatolie du Sud-Est” ou encore, selon la mode de ces dernières années “la région de GAP” d’après les initiales en turc du Projet d’Anatolie du Sud-Est (Güneydoğu Anadolu Projesi). Ce projet consiste à construire des barrages sur le Tigre et l’Euphrate ainsi que des tunnels et canaux d’irrigation qui rendront possible l’irrigation de 1,7 million d’hectares de terres. 19 usines hydroélectriques permettront de fournir 7500 MW.

Une fois que le projet sera réalisé à cent pour cent, la région, dont les limites au nord sont tracées par la chaîne des anti-Taurus, sera digne de l’appellation de “croissant fertile”. Au début des années 1980, il a été décidé de réamenager la région et, en même temps des fouilles de sauvetage ont été effectuées en amont des barrages et dans le bassin des deux fleuves. Ce qui nous a permis de mettre à jour certains sites archéologiques de première importance, tels Zeugma/Belkis, Hasankeyf en plus de nombreux höyük ou tumuli.

Les villes le long de l’Euphrate

MALATYA A 5 km de la ville moderne se trouve le höyük d’Aslantepe. Habité depuis le 5e millénaire av. J.-C., c’est là que les archéologues italiens ont découvert le plus ancien palais connu à ce jour, donc ce serait la première cité-État où serait né le pouvoir. Milid des hittites, la ville s’appellera Mélitène à l’époque romano-byzantine. Une des légions romaines (Legio xıı Fulminata “porteur de la foudre”) était basée à Mélitène, tout comme Legio xvı à Samosate (capitale du pays de Commagène aujourd’hui sous les eaux de l’énorme barrage d’Atatürk) ou Legio ıv à Zeugma. Un des soldats de la Douze, Polyeucte de Mélitène a été martyrisé en l’an 259 après s’être converti au christianisme.
Malatya constitue également un point de départ idéal pour aller découvrir le fameux Nemrut Dağ. Le roi mégalomane de ce petit royaume de Commagène, Antiochos 1er (69-40 av.J.-C.) a voulu figurer parmi les divinités gréco-perses sur les terrasses de son tumulus à 2150 m d’altitude. Le site merveilleux avec ses statues colossales est dans la liste du patrimoine mondial de l’Unesco.

GAZİANTEP C’est la ville la plus peuplée de la haute Mésopotamie (1.440 mille habitants). Plusieurs sites intéressants se trouvent dans les environs: à 10 km au nord-ouest de la ville moderne Dülük attire l’attention avec son temple de Jupiter Dolichenus et son Mythraeum (sanctuaire du culte de Mithra).
A l’est de Gaziantep, sur l’Euphrate se situe Belkıs/Zeugma, “tête de pont” des romains sur la rive droite du fleuve. Dans le cadre de ce fameux projet de GAP en 1995 il avait était décidé de construire un barrage à Birecik à 10 km en aval de Zeugma. Ainsi une bonne moitié du site risquait d’être engloutie. Dès lors, les archéologues turcs et étrangers se sont mobilisés pour faire des fouilles de sauvetage. Le résultat est que le musée des mosaïques de Zeugma à Gaziantep s’est enrichi d’année en année au point d’être le plus important musée de mosaïques romaines au monde devant Bardo et Antakya.
A l’extremité nord du barrage de Birecik, avec son château impressionnant, se dresse Rumkale, formant une péninsule. Le site médiéval garde le souvenir du passage des Croisés, des Arméniens, des Mamelouks et des Ottomans. L’arrivée en petit bateau sur le site depuis Halfeti sur la rive gauche est un moment mémorable.

URFA Ce que fut le comté d’Edesse des Croisés (1098-1144) s’appelle aujourd’hui Şanlıurfa. Mais pour beaucoup de gens de Urfa elle est surtout “la ville des prophètes” puisque İbrahim (Abraham), Eyyub (Job) et Şuayb (Jethro) y seraient nés ou y auraient vécus. Et le Christ, sans mettre le pied jusque’là aurait, en signe de bénédiction, envoyé son mouchoir avec les traces de son visage.
La grotte et le complexe architectural autour du vivier d’Abraham constituent aujourd’hui non seulement un des hauts-lieux de l’islam en Turquie mais aussi une des étapes importantes du tourisme religieux, “chemin d’Abraham”, instauré dans le cadre de l’Alliance des Civilisations des Nations Unies.
Une des découvertes archéologiques importantes de ces dernières années est sans doute Göbeklitepe, à 20 km au nord-est d’Urfa. C’est là que l’archéologue allemand Klaus Schmidt a découvert le premier temple connu de l’humanité datant d’il y a plus de 12 mille ans. Apparemment l’homme avait fondé un lieu de culte avant sa sédentarisation. Harran est une ville biblique à une dizaine de km de la frontière syrienne. On y verra un höyük entouré des remparts qui renferment le château des Croisés construit sur les vestiges du temple sabéen de Dieu-Lune, la Grande Mosquée, une des première construite en terre d’Anatolie et de nombreuses maisons coniques appelées également “termitières”.

Les villes le long du Tigre

DİYARBAKIR En arrivant par la route ou [mieux encore] au moment d'atterrissage, la première chose que le visiteur remarque à Diyarbakır sont ses remparts en basalte et son rapport avec le Tigre. Les remparts longs de 5 km, en forme de turbot, sont de l’époque romaine. Ils ont été plusieurs fois remaniés ou reconstruits par endroit à l’époque seldjukide/artukide. On y compte 4 portes principales, celles de Harput, de Mardin, d’Urfa et du Tigre ainsi que 82 bastions.
Le monument islamique le plus important est “Ulu Cami” la Grande Mosquée qui comme celle des Omeyyades de Damas a été élevée sur l’emplacement d’une église qui elle-même avait été construite sur un temple païen. Le pont sur le Tigre, les caravansérails ottomans, les églises arméniennes et chaldéennes sont d’autres curiosités de la ville.

HASANKEYF C’est le projet vieux de 50 ans d’un ouvrage hydraulique sur le Tigre, à 60 km au sud-est de Hasankeyf qui fait tant parler de cette petite ville. En 2009, devant la pression internationale l'Allemagne, l'Autriche et la Suisse ont annoncé leur décision de se retirer financièrement du projet de construction du barrage d'Ilısu, en raison du risque de violations des droits humains. Mais malgré tout, le gouvernement turc actuel est décidé à réaliser ce projet qui, une fois terminé deviendra le deuxième plus grand réservoir d’eau et la quatrième centrale hydroélectrique de la Turquie, avec une production annuelle de 3,8 milliards de kW/h.
Dans la ville basse qui risque d’être inondée se trouvent les monuments artukides et eyyoubides (pont brisé sur le Tigre, mosquée El-Rızk) et dans la ville haute ce qui reste des portes de la ville, du palais, de la grande mosquée, cimetiere et surtout une vue à couper le souffle sur le Tigre, le pont brisé et le mausolée de Zeynel Bey.. Sans oublier de dire qu’à Hasankeyf il y a des milliers de grottes qui étaient habitées depuis le temps des assyriens

MARDİN “ Poésie de la pierre et de la foi”, c’est en ces termes que le poète Refik Durbaş décrit Mardin. Avec l’image d’un nid d’aigle au versant sud d’une colline, Mardin (1083 m) domine la plaine mésopotamienne qui se situe à 485 m. Le soir, en prenant place sur la terrasse d’une des maisons de Mardin on croirait voir une mer au lointain, dans ce paysage tellement étendu et plat. Mardin est une ville-musée avec ses maisons traditionnelles; cette architecture civile en pierre taillée aux couleurs patinées fait toute la réputation de la ville avec bien sûr ce mélange humain où on reconnait le turc, le kurde, l’arabe et l’assyrien.
Au centre-ville, sur la place de la République le beau bâtiment qui abrite depuis 1995 le musée de Mardin a été construit en tant que siège de l’Eglise syriaque catholique en 1895. Un bon nombre de mosquées et médersas méritent d’être visitées, surtout la médersa de Kasımiye qui sort de l’ordinaire; elle a été financée par Kasım Padişah (1469), fils de Cihangir, souverain des “Moutons Blancs”.
A 5 km de Mardin se situe le monastère de Deyrülzafaran (Mor Hananyo), un grand complexe important pour l'Église syriaque orthodoxe où ont siégé le patriarches pendant plus de six siècles et où certains d’entre eux sont enterrés en position assise sur leur chaire.
Dara est un site antique à 30 km au sud-est de Mardin. La ville qui a changé de mains plus d’une fois entre les perses et les romains garde aujourd’hui les vestiges impressionnants: carrières de pierre de taille, tombes taillées dans la roche, citernes, entrepôts et fortifications.

MİDYAT Au centre de ce que fut le Tûr Abdin “Montagne des serviteurs de Dieu” qui est délimitée à l’est et au nord par le Tigre, à l’ouest par Mardin et au sud par la frontière syrienne. Comme à Mardin ici aussi on trouve de belles maisons en pierre taillée et plusieurs églises syriaques orthodoxes par-ci par-là.
A 23 km au sud-est de Midyat se trouve le monastère de Deyrulumur (Mor Gabriel) qui daterait de la fin du 4e s. Ce vaste ensemble abrite le siège de l’Évêché du Tûr Abdin. La visite du monastère peut donner l’occasion de se renseigner sur l’église syriaque orthodoxe.

Ville sur l’Oronte

ANTAKYA ou Antioche-sur-Oronte. Comme son nom l’indique Antakya est située dans la vallée de l’Oronte [Asi en turc] toutefois elle fait partie de villes du croissant fertile. Dès le début sa prestigieuse situation lui permit de devenir une cité commerciale de plus en plus animée par les caravanes et l’activité du port de Séleucie (auj. Samandağ) à l’embouchure de l’Oronte. A l’époque romaine elle n’avait de rivale que Rome et Alexandrie, ce qui justifie le titre de “Reine de l’Orient”. La prise d’Antioche par les Croisés en 1098 est un des évènements majeurs des Croisades. La principauté d’Antioche, Etat latin fondé par Bohémond va survivre jusqu’à 1268. Occupée par les troupes françaises pendant la première guerre mondiale Antakya a été rattachée à la Turquie par suite d’un plébiscite organisé par la Société des Nations en 1939. Elle est le chef-lieu de la province de Hatay.
Le musée de Hatay, un des plus riches de Turquie. Objets hittites et collection de monnaies en provenance des höyük (“tell” en arabe) de la région et de superbes panneaux en mosaïques qui proviennent en grande partie de Daphné, lieu d’orgie où il y avait de villas romaines. Une des récentes acquisitions du musée est un sarcophage romain de type de Sidemara, en état intact avec les squelettes et bijoux.
La Grotte de Saint-Pierre est une cavité naturelle dans le mont Habib-i Neccar dont l’importance vient du fait que la première communauté de la religion naissante a pris le nom de “chrétien” pour la première fois ici dans ce lieu de réunion autour de Paul, Barnabé, Marc, Luc et Pierre. La grotte a subi plusieurs réaménagements au cours de plus de deux mille ans.

Spécialités culinaires et produits typiques

D’abord une remarque: en turc le mot “kebab” est utilisé pour désigner toute viande rôtie tandis qu’en France ou ailleurs il désigne seulement le “döner kebab”, oui c’en est un mais il y a encore des dizaines d’autres sortes de kebabs en Turquie.
-Malatya est la ville des abricots. Dans le marché des fruits secs que les locaux appellent “şire bazarı” on trouve de l’abricots sous toutes ses formes. Deux spécialités de Malatya parmi les nombreuses autres: - kağıt kebabı; kebab en papillotes préparé avec la viande d’agneau ou du veau qu’on laisse mijoter 3,4 heures dans le four traditionnel et -tava qu’est-ce qu’il n’y a pas dedans? Agneau coupé en dés, aubergines, tomates, poivrons, oignons coupés de la même façon et du beurre. Tout va au four dans une casserole pendant des heures. Bon apétit.
-Gaziantep est la ville des pistaches et (ça va de soi) des baklava à la pistache. Il y a même le kebab aux pistaches.
-Urfa a son propre kebab “urfa kebab” : Brochettes d’agneau haché, cuites au barbecue et servies avec des tomates, des poivrons et des tranches d’oignons. Un plat fort épicé “çiğ köfte” , viande hachée crue de mouton mélangée avec boulgour (blé concassé) et malaxée avec beaucoup d’épices. On la sert en boulettes, qu’on mange en les trempant dans du persil hâché et/ou enrobées de laitue. Pour les connaisseurs c’est un vrai régal mail il faut aimer!
-Diyarbakır est la ville réputée pour ses énormes pastèques. La spécialité qu’on trouve également à Mardin est kaburga dolması côte d’agneau farcie
-Hasankeyf bénéficie de sa position sur le Tigre, pour proposer aux touristes le poisson typique du fleuve: şabot, servi grillé dans les petits kiosques en bois placés carrément dans le lit du Tigre.
-Mardin et Midyat. Mırra est le café arabe amer traditionnel qui demande une préparation longue. On fait bouillir le café moulu très fin et doublement grillé dans un cezve (petite casserole de cuivre à manche long) spécial en forme d’une petite aiguière qui a un couvercle contrairement au cezve du café turc. Le couvercle a pour but d’éviter que l'arôme du café s’en aille. On rajoute de l’eau de temps en temps mais pas de sucre. Le café est bouilli plusieurs fois jusqu'à ce qu’on obtienne un liquide assez épais et noir. Comme il est fort et amer on le sert dans des petites tasses sans anse.
-Antakya a un dessert appelé “Künefe” , fait de fromage (dil peyniri) fondu entre deux couches de cheveux d’ange (tel kadayıfı) revenus au beurre. L'ensemble est grillé au four des deux côtés et servi chaud dans un sirop, saupoudré de pistache.

Comment visiter la haute Mésopotamie?

En Turquie, l’aviation civile a fait d’énormes progrès ces 15 dernières années; ce qui a rendu possible les vols intérieurs fréquents et relativement bon marché. Ceci dit, nous vous proposons les visites à la carte, d’une dizaine de jours au départ d’Istanbul. Pour plus de détails veuillez nous contacter

 

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